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Ça bouge autour de Kim St-Pierre

L’ancienne gardienne de but s’implique dans un programme d’activité physique dans les écoles

Kim St-Pierre adore les enfants. Non seulement est-elle la maman de deux bambins âgés de 3 et 4 ans, mais voilà que l’ancienne gardienne de but d’Équipe Canada a accepté de relever un nouveau défi, soit de faire bouger les écoliers du primaire.

La triple médaillée d’or ­olympique aujourd’hui âgée de 37 ans n’a pas le temps de ­s’ennuyer à la retraite.
Elle a accepté avec plaisir le poste de coordonnatrice ­régionale du programme BOKS (Build Our Kids’ Success, Préparons la réussite des enfants), une initiative de la fondation Fitness Reebok Canada.

L’objectif de ce programme ­offert gratuitement dans les écoles primaires est d’améliorer le rendement scolaire et la santé des enfants grâce à l’activité physique et aux saines ­habitudes de vie.

2000 écoles
BOKS est fondé sur le principe que des enfants actifs sont ­attentifs en classe. En 2016, les Canadiens ont reçu la note D- dans le bulletin mondial de ­l’activité physique des enfants.  Quelques fois par semaine, Kim St-Pierre se rend donc, tôt le matin, dans diverses écoles du Québec ou de la région ­d’Ottawa afin d’encourager les enfants à faire de l’exercice avant d’aller s’asseoir en classe.

Le programme BOKS est offert dans plus de 2000 écoles à travers le monde, dont environ 300 au Canada. On vous invite d’ailleurs à consulter le site web http://bokskids.ca/fr/ afin d’obtenir plus de renseignements.

St-Pierre, qui a marqué l’histoire du hockey féminin, a reçu l’honneur d’être intronisée au Panthéon des sports du Québec cette année. Le Journal de Montréal a réalisé cette ­entrevue récemment avec la ­diplômée en kinésiologie de l’Université McGill.

Tu es à la retraite depuis plus de trois ans. Le sport occupe-t-il toujours beaucoup de place dans ta vie?
«Bien sûr que oui. J’ai deux enfants, mais je ne me voyais pas rester à la maison. Je ressentais le besoin d’être impliquée dans un projet ­stimulant et celui de BOKS me convient parfaitement parce que je sens qu’on peut faire une différence. Il est important d’inciter les enfants à bouger davantage. Selon moi, ils devraient faire de l’exercice une heure par jour au lieu d’une heure par semaine à l’école. Je ne pouvais refuser l’offre que m’a faite Lynn Rizzuto, gestionnaire du programme national pour BOKS, il y a deux mois. Le sport a été une formidable école de vie pour moi. Mon père [André St-Pierre a été repêché par les Rangers en 1970] et ma mère [Louise a enseigné l’éducation physique] m’ont fait comprendre, ainsi qu’à mes frères Yan et Karl, que l’école et la pratique de plusieurs sports font très bon ménage.»

Les écoliers te demandent-ils de leur montrer tes médailles olympiques ?
«Ça arrive régulièrement. C’est spécial, l’impact que ces médailles peuvent avoir sur les enfants. Ils ont les yeux grands et ils veulent les toucher. Ils veulent que je leur parle de mes expériences sur la scène olympique et de la détermination que ça prend pour atteindre ses buts dans la vie.»

Est-ce que ce fut difficile ­d’annoncer ta retraite, en avril 2013 ?
«Il n’est jamais facile de cesser la compétition après une longue carrière au cours de laquelle on était encadrée dans un programme national. Après la naissance de mon premier enfant, j’ai effectué un retour au jeu en portant les couleurs des Stars de Montréal, mais la passion avait disparu lorsque je me suis retrouvée sur le banc. Je me souviens que ce fut tout particulièrement ­difficile lors d’un week-end de deux matchs à Toronto au cours duquel je n’ai pas vu une seule minute d’action. J’ai alors décidé que ça n’avait pas de sens de laisser un enfant d’un an à la maison pour occuper un rôle de gardienne auxiliaire. Peu de temps après, j’ai appris que j’étais de nouveau enceinte et j’étais en paix avec ma décision de me retirer. Je joue encore au hockey à l’occasion, pour le plaisir, et je participe aussi à des écoles pour conseiller de jeunes joueuses.»

Peux-tu nous parler de cette intronisation au Panthéon des sports du Québec ?
«C’est un très grand honneur qu’on m’a fait. Le hockey a toujours été ma passion et j’ai eu la chance de la ­partager avec des pionnières comme France St-Louis, Danielle Goyette et Nancy Drolet, pour n’en nommer que trois. Aujourd’hui, les jeunes ont des modèles comme Marie-
Philip Poulin et elles ont la chance de jouer au hockey entre filles seulement. À mes débuts, il fallait jouer dans des équipes masculines, ce que j’ai fait jusqu’à l’âge de 18 ans, et ce n’était pas toujours facile.»

Quel fut le fait marquant de ta carrière ?
«Sans aucun doute la conquête de la médaille d’or aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002. J’avais dû quitter Montréal pour aller m’entraîner avec l’équipe nationale à ­Calgary durant huit mois, en préparation pour les Jeux. Je me souviens qu’on avait perdu huit matchs de suite face aux Américaines, dont le dernier, tenu à Vancouver avant le tournoi olympique. Les filles étaient frustrées et découragées. Les Américaines s’attendaient donc à triompher devant leur public à Salt Lake City, mais le jour de la finale, il y a eu un déclic dans notre camp. On a décidé de croire en nos chances de l’emporter et on a fait une croix sur les résultats antérieurs. On a gagné 3 à 2 et ce fut mon plus précieux triomphe devant le filet de l’équipe canadienne. Caroline Ouellette, ­Hayley Wickenheiser et Jayna ­Hefford avaient marqué les buts. Ce premier titre olympique fut la réalisation de mon rêve le plus cher.»

Trouves-tu que le hockey ­féminin a progressé ces ­dernières années ?
«Il y a assurément un bel engouement. La victoire spectaculaire des Canadiennes en finale du dernier tournoi olympique de Sotchi a été marquante. De plus en plus de jeunes filles s’adonnent au hockey dans des ligues bien structurées, comme les circuits collégial et ­universitaire. Il y a aussi les ­Canadiennes de Montréal, dans la LCHF, qui attirent de plus en plus l’attention. Le calibre de jeu s’améliore sur la scène mondiale et si un plus grand nombre de pays peuvent subventionner leurs athlètes, comme on le fait au Canada et aux États-Unis, le hockey féminin ­continuera de progresser.»

Quels souvenirs conserves-tu de cet entraînement auquel tu avais participé avec le Canadien le 23 octobre 2008 ?
«Ça s’était passé très vite. Je jouais au hockey non loin du site ­d’entraînement du Canadien [c’était à l’aréna Denis-Savard] lorsque le thérapeute Scott Livingston m’avait appelée pour me dire que le ­Canadien avait un urgent besoin d’un gardien, Carey Price étant malade. Je ne pouvais pas laisser filer une telle occasion de me mesurer aux tirs de joueurs professionnels. Guy Carbonneau, Patrice Brisebois et Steve Bégin m’avaient accueillie chaleureusement, mais plusieurs joueurs n’étaient pas au courant que c’était une fille qui se cachait ­derrière le masque. Les joueurs ne m’avaient pas ménagée. Je n’ai pas oublié qu’un puissant tir d’Alex ­Kovalev m’avait frôlé la tête. Après 90 minutes d’entraînement, je m’étais retrouvée avec une vingtaine de journalistes autour de moi dans un vestiaire à part. Cette ­journée frénétique restera à jamais gravée dans ma mémoire.»

Quelles sont tes impressions au sujet de Carey Price ?
«Il est devenu le meilleur gardien au monde grâce à son talent, mais surtout parce qu’il est très fort mentalement. Ce ne fut pas toujours facile pour Price. Il y a eu la période où ­Jaroslav Halak a connu beaucoup de succès. La technique de Price est parfaite aujourd’hui et la présence de Stéphane Waite à ses côtés n’est pas étrangère à cela. Les arrêts ont l’air si faciles pour lui. J’admire son calme devant le filet.»

Read original article at PIERRE DUROCHER

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